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Poussière dispersée – souvenir pâli d'un passé présent

Dolores Denaro

 

C'est comme s'il était seulement resté les plus fines particules de graphite gris sur le papier blanc, tant le travail à la mine de plomb de Luo Mingjun est subtil dans ses tout derniers dessins. Aucun tracé, contour, encoche ou empreinte de la pointe du crayon ne subsistent. Intacte, la structure de la feuille sert de support au matériau le plus léger qui soit. Les grains de poussière se sont accumulés par endroits pour former un motif qui menace de se disperser à nouveau au prochain courant d'air. Telle la fumée, la poussière est emportée par le moindre souffle de vent et poursuit son errance. A certains moments, il arrive même que la transition entre la surface vide et le matériau soit à peine perceptible.

 

Traces de l’existence

La Poussière, titre de la présente publication choisi par Luo Mingjun pour sa première exposition muséale personnelle, est un concept fortement marqué par la culture chinoise et renvoie directement aux origines de l'artiste. Dans la civilisation chrétienne, la poussière est d'abord liée à la terre – tu es poussière et tu retourneras à la poussière, comme il est dit dans la Bible. Sinon, en Occident, ce substantif est avant tout un terme générique sans contenu symbolique, servant à désigner „des particules solides très fines, capables de se maintenir longtemps en suspension dans les gaz, et notamment dans l'air. […] La poussière des foyers est une forme omniprésente, qui peut se composer de matières organiques et minérales.“[1] Entre-temps, le langage courant a souvent associé la poussière fine à la pollution de l'environnement, tout en se concentrant sur la description de la matière.

En Chine, la connotation de ce terme est très différente. Parallèlement à sa signification ordinaire, la poussière, en chinois, possède un contenu sémantique profond, à multiples niveaux. Ainsi, selon l'idéologie bouddhiste, un grain de poussière symbolise une vie humaine sur terre. Ou encore, selon la conception communiste de Mao Tse-Tung, fondateur de la République populaire de Chine, c'est à nous d'essuyer chaque jour la poussière de notre cerveau, car elle ne s'en va pas toute seule. Et d'après le taoïsme, religion considérée comme authentiquement chinoise, nous parvenons à la plus extrême pureté lorsque nous sommes débarrassés de toute poussière. En Chine, la „poussière rouge“ n'a d'autre signification que la vie quotidienne. Aussi l'interprétation de l'œuvre de Luo Mingjun par Zou Yuejin, directeur du département des beaux-arts à l'Institut des sciences humaines de Pékin, est-elle particulièrement intéressante. Elle éclaire son point de vue sous l'angle de la culture chinoise et donne un aperçu de la signification complexe du concept.[2] Selon ses explications, il s'avère également que le signe chinois 尘 ne peut être véritablement traduit par un mot dans notre langue, si l'on veut en apprécier la polyvalence à sa juste valeur.

Pour Luo Mingjun, qui est marquée par deux cultures différentes – la suisse et la chinoise –, le concept a sans nul doute une signification profane, mais aussi religieuse et philosophique. Globalement, l'artiste voit dans la poussière le symbole du passé. Chaque moment vécu appartient déjà à l'histoire dans l'instant qui suit. Seuls demeurent les vestiges de ce qui n'est plus.

 

Vivre le souvenir

Les dessins réalisés cette dernière année évoquent des photographies en noir et blanc agrandies, qui auraient presque complètement pâli. Dans son travail d'une grande minutie, l'artiste appose des traits courts les uns à côté des autres en alternant des zones sombres qu'elle remplit complètement et des surfaces claires qu'elle laisse vides. La répétition quasi sans fin du mouvement de la main n'a pourtant pas un caractère méditatif, comme on pourrait le supposer de prime abord, mais reflète le tracé sismographique d'un soupçon de souvenir : „ Vivre trait pour trait le souvenir“, selon les termes de l'artiste pour décrire cette technique qui exige beaucoup de temps.[3] Comme le révèlent des titres tels que La poussière et le temps, ces œuvres traitent des vestiges de la poussière du passé.

A la base, l'artiste se sert de photographies d'une époque où elle vivait encore en Chine, avant de venir s'établir en Suisse en 1987. Ses parents assis à table, avec sa mère qui tricote, l'artiste avec sa soeur, toute sa classe d’école, des groupes en plein air, des amis ainsi que des lieux divers et des chemins de voyage sont autant de sujets auxquels elle se réfère. D'œuvre en œuvre, le cadrage change : il s'agit tantôt de photos prises de loin, tantôt de gros plans. A une exception près, les yeux sont chaque fois à peine perceptibles. Le regard des protagonistes se dissout presque entièrement dans un vide blanc – le passé l'a fait pâlir, comme bien d'autres détails. En tant que spectateur, c'est comme si l'on tentait vainement de se souvenir d'un visage familier que l'on a plus revu depuis longtemps. Evénements et personnages ne constituent qu'une ombre légère du souvenir, délicatement capté sur papier.

Le processus de transposition du modèle sur papier à dessin est déterminant pour l'esthétique de cette pâleur. Luo Mingjun ne copie pas, elle interprète. Elle commence par reproduire à main levée sur une feuille de papier A4 une photographie qui ne mesure parfois que cinq centimètres. Au cours de cette opération, elle omet déjà les détails ainsi que certaines parties. Ensuite, elle projette l'esquisse scannée sur le fond définitif et ne retient que certains points de repère du projet brut, en supprimant encore d'autres détails. C'est seulement alors qu'elle exécute sans le modèle le dessin au crayon sur le papier blanc préparé avec quelques points, mais le souvenir personnel et l'idée du passé restent déterminants. Aussi l'artiste reste-t-elle libre dans le choix des zones d'ombre et de lumière ainsi que dans la gradation du détail. Elle interprète une réalité ancienne, pour laquelle le modèle photographique n'a fait que servir de point de départ et ne s'avère donc que secondaire. La souffrance silencieuse liée au passé perdu n'en est que plus sensible : la poussière, douloureux vestige d'un souvenir qui pâlit de plus en plus.[4]

 

Retenu d’épingles

Douleur, tel est le titre d'un travail textile de l'artiste, antérieur à ses dessins, et réalisé au cours d'un séjour prolongé à Shanghai en 2006. Durant des jours, elle a brodé de fil rouge une mince étoffe blanche d'une centaine de mètres de long. Pendant ce temps, elle écoutait la radio chinoise, et les souvenirs de la vie quotidienne en Chine se sont réveillés en elle. Elle les a fixés par des mots français et chinois; les termes et dessins spontanément choisis reflètent l'idée de la vie quotidienne dans son pays natal. En exécutant ce travail, Luo Mingjun s'est référée à une coutume que les jeunes femmes observent en Chine avant leur mariage. Solitaire, la fiancée pleine d'espoir brode tous ses souhaits d'avenir pour l'installation de son futur foyer, mais elle y projette inévitablement la douleur de la solitude, la longueur du temps passé ainsi que les angoisses liées à l'avenir. Voici comment l'artiste décrit le sentiment qu'elle a éprouvé en travaillant : „C'était comme si j'avais envie de pleurer, et pourtant, je n'y parvenais pas“[5]. La longueur de la bande de tissu – 900 centimètres – vient encore renforcer l'allégorie de la permanence de cet état douloureux. Cependant, le sens de cet objet reste obscur. Il ne s'agit ni d'un rideau, ni d'une nappe, ni d'une couverture. Le matériau léger formant comme un treillis n'est pas sans évoquer une immense bande de gaze, mais aussi une moustiquaire. Serait-il destiné à soigner et panser les blessures, ou encore à protéger les souvenirs d'autres piqûres?

Avec la nouvelle mise en scène de Douleur dans une vitrine d'une trentaine de mètres de long, Luo Mingjun remanie une fois encore la thématique de ses Small Things (petites choses), ancien groupe d'oeuvres où elle couche sur papier à l'encre de Chine certains ustensiles stéréotypés de la femme – rouge à lèvres, ciseaux à ongles, fouet pour la cuisine, tasses, verres, et sacs de dame. Le travail en tissu abrite à présent des objets personnels de l'artiste, tels que des pinceaux pour encre de Chine, des tampons nominatifs, des cartes de visite, quelques travaux plus anciens, des tampons hygiénique et le curriculum vitae de l'artiste rédigé à la main. Comme si elle cherchait à retenir les souvenirs qui flottent entre ces objets, l'ensemble de l'étoffe est muni d'épingles rouges, qui ajoutent à leur tour de nouvelles blessures au tissu. Ou bien faut-il les interpréter au sens large dans l'esprit de Mao? Lorsqu'on est épinglé, reste-t-on coincé pour toujours?

 

Retour à la peinture

Sur le plan thématique, la quête de l'artiste évolue sans cesse et toujours autour de la question de l'identité.[6] Avec ses nouveaux dessins figuratifs, elle l'élargit pour la première fois aux souvenirs de son ancien environnement, ainsi qu'aux êtres qui y sont associés. Ce que cachaient jadis des formes abstraites, des objets quotidiens et l'encre de Chine estompée, est à présent directement exprimé. Luo Mingjun se penche sur sa destinée et sa carrière artistique, tout comme sur le temps qui leur est lié.

Etant donné la précision de sa thématique, Luo Mingjun reprend pour la première fois sa technique première, la peinture, qui lui est familière. Elle l'avait provisoirement laissée de côté, peu d'années après son arrivée en Suisse, comme si elle traversait un „moment de désorientation et d'introspection“[7] difficile à la suite de son nouvel établissement et du déracinement qu'il entraînait. D'un coup, elle avait perdu un lieu de travail très convoité – elle était l'une des plus jeunes enseignantes à l'université –, tous ses collègues artistes, sa nationalité chinoise et avec elle, son identité. Lorsqu'elle a voulu rendre visite à ses parents, il a fallu immédiatement qu'elle demande un visa pour pouvoir entrer dans sa patrie d'origine. Si elle s'était intéressée auparavant à l'histoire, à la littérature et à la philosophie occidentales, elle a commencé désormais à se passionner pour celles de la Chine, lorsqu'elle s'est trouvée loin de son pays natal. Après une complète rupture artistique, elle s'est tournée vers la calligraphie et la peinture à l'encre de Chine. Dans des travaux comme Copie du Daode jing de Lao-tseu en 1992, elle s'est penchée sur l'idéologie taoïste qui lui manquait en Suisse. Ce n'est pas un hasard si elle a choisi le texte taoïste le plus influent attribué à Lao-Tseu, comprenant près de cinq mille caractères chinois anciens. Des titres d'œuvres comme Série de rupture, Break Up , Dissolution et Sans voix sont d'autres témoignages de cette permanente quête d'identité. Son chemin l'a menée au-delà de l'abstraction – qui peut être également interprétée comme une perte de repère de l'artiste – puis au concret avec les Small Things, et de nouveau au figuratif avec les dessins. Ces derniers lui ont permis un retour à la peinture qu'elle désirait depuis longtemps.

 

De l’ombre et de la lumière

Si elle dessine au crayon les ombres et les surfaces sombres dans ses travaux sur papier – les zones blanches restées vides correspondent aux endroits éclairés –, c'est le contraire qu'elle modèle au pinceau dans ses tableaux. Elle peint des surfaces de lumière à la peinture à l'huile blanche sur la toile laissée à l'état brut. La source des motifs, la collection de photos personnelles et la technique de transposition du modèle sur le fond du tableau demeurent semblables, lui permettant de jouir de la même liberté d'interprétation du souvenir que dans les dessins. A l'aide de quelques points de repère, mais sans dessin préliminaire concret, elle travaille seulement avec du blanc très dilué directement sur la toile. Chaque peinture est fascinante de virtuosité picturale. Cette technique, qui exige de l'artiste une concentration absolue, ne laisse percevoir aucun trait de pinceau. Fond et support semblent tout autant juxtaposés qu'associés et le tableau n'est autre qu'un soupçon de teinte qui décline les dégradés de blanc les plus subtils sur la toile. Nul doute que dans la recherche des nuances et des limites les plus extrêmes de la couleur, les connaissances de l'artiste en matière de peinture à l'encre de Chine lui ont été très utiles. Cette juxtaposition raffinée de surfaces peintes et d'espaces vides, de même que les transitions généralement peu perceptibles confèrent au motif toute sa tension. Ces dernières peintures appartiennent à la même esthétique de la pâleur que les dessins. Et c'est justement dans cette pâleur et dans la douleur sensible, liée au souvenir du passé, que l'approche artistique de Luo Mingjun se distingue de nombreux plasticiens chinois contemporains, qui, tel un Li Lumin, sont beaucoup plus intéressés par la thématique du flou d'un Gerhard Richter.

En associant le motif choisi à une technique picturale qui tient de la lasure, l'artiste est parvenue à se retrouver : elle allie la technique chinoise de l'encre de Chine à son contraire, la non-couleur blanche, et réduit au minimum le contraste entre ombre et lumière. Clarté et obscurité, yin et yang se rejoignent. Luo Mingjun a découvert son tao (terme chinois qui signifie chemin ou méthode) sur la toile : l'union des contraires, de l'être et du non-être, dans laquelle les vides tiennent un rôle important. Tandis qu'elle peint, Luo Mingjun ne remplit pas la surface mais libère des vides.

 

Du passé et du future

L'apogée de l'actuelle confrontation de Luo Mingjun avec sa propre vie, qui dépasse de loin la sphère privée, est la monumentale installation Poussière Rouge, réalisée pour la salle principale du CentrePasquArt à Bienne. Après avoir puisé dans ses tiroirs un millier de photographies, qu'elle a recouvertes d'une très légère couche de rouge uniforme, elle les a agrandies pour former un album d'une densité impressionnante, qui s'étend intégralement du sol au plafond sur les quatre parois de la grande salle de 365m2, bénéficiant d'un éclairage zénithal. Le visiteur qui pénètre dans cet univers est entièrement entouré, voire prisonnier de la poussière rouge des êtres, des paysages, des villes et des situations évoqués. Temps et lieux confondus, les photos se succèdent sur un mode associatif. Cette fois, le choix thématique ne se limite pas à la vie en Asie, il englobe aussi l'environnement suisse actuel. On peut y voir notamment des vues d'exposition, Luo Mingjun petite fille, ses enfants, sa mère, un paysage chinois, son époux et les ancêtres de celui-ci, les rues les plus diverses, sa soeur, des amis d'un peu partout, Luo Mingjun aujourd'hui, des œuvres d'autres artistes qui l'ont impressionnée, des groupes de personnes, Luo Mingjun avec des plasticiens, et d'autres photos chargées de souvenirs de toutes sortes. Par intervalles, on aperçoit des pages copiées de son dictionnaire français-chinois, qui accompagne constamment Luo Mingjun depuis qu'elle vit en Suisse. Les termes choisis sont des mots clés, essentiels à la vie entre deux cultures totalement différentes. Identité, style, opinion, nationalisme, morale, peinture et art sont autant de termes auxquels l'artiste n'a cessé de se confronter pour véritablement comprendre la culture, l'histoire et l'art de la Suisse et trouver un dénominateur commun à l'identité de ces deux pays.

Au blanc et au noir, ainsi qu'aux dégradés de gris qui s'y entremêlent, s'ajoute ici une troisième couleur, le rouge, que l'artiste avait déjà utilisé en 1996 dans une installation au sol Go and Back (aller et retour), et qui se voit de nouveau chargé de significations diverses. D'abord, le rouge vif de l'étoffe rappelle à l'évidence le drapeau de la République populaire de Chine, mais sans les cinq étoiles – tel qu'il apparaît à plusieurs reprises flottant au vent dans une longue enfilade, sur la Place Rouge à Pékin. La couleur de l'idéologie communiste à l'état pur. Les murs recouverts rappellent dans ce même ordre d'idée la campagne de la Grande révolution culturelle prolétarienne grâce à laquelle Mao a tenté, dans les années 1960 et 1970, d'affirmer son pouvoir contre les adversaires du parti communiste et de remodeler le pays selon ses idées personnelles. Les murs des villes étaient entièrement tapissés d'affiches de propagande. Mais le total recouvrement des surfaces murales de l'installation ne ferait-il pas non plus référence aux conditions misérables qui règnent dans le pays, où, faute de tapisserie et de peinture, les murs sont collés de pages de journaux en guise de protection? Luo Mingjun a notamment été confrontée à cette misère à l'occasion de la Longue Marche de l'Armée Rouge qu'elle a entreprise avec le groupe artistique „O“.

Cependant, le rouge n'a pas seulement un contenu politique. Il signifie aussi l'amour et peut représenter le sang, qui, à son tour, symbolise et confirme le bouillonnement de la vie. Pour la société chinoise, cette couleur correspond à un important moment de bonheur. Dans les milieux traditionnels, la femme se marie en rouge, par exemple. Egalement dominante dans les temples bouddhiques, la couleur rouge favorise le calme et la concentration.

Au bout du compte, Poussière Rouge signifie tout simplement la vie quotidienne. Et malgré la forte luminosité de la couleur et toutes les associations d'idées qui en découlent, l'artiste obtient dans son travail le même effet de pâleur que dans ses dessins et ses peintures : les souvenirs menacent de se dissoudre et de disparaître dans cet océan de rouge. D'ailleurs, certains motifs ne sont déjà plus visibles.

Au milieu de l'espace, dans le fond d'une sorte de puits, se trouve la vidéo Identity (identité) de 2007. Assise sur le sol – à la fois protégée et isolée de l'environnement par les parois du puits – et toujours dans la quête éprouvante d'un point de vue personnel, l'artiste tente ici de réunir ses deux identités, voire le passé et le présent, en cousant ensemble ses deux cartes d'identité – la chinoise périmée et la suisse valide, telles les deux moitiés d'une pomme coupée. Seuls les câbles électriques rouges sortent du puits pour émerger dans l'espace et la relier au monde quotidien. Un fil rouge pour lui indiquer le chemin?

Cependant, le concept des dernières œuvres de Luo Mingjun, qui marquent le départ d'une nouvelle étape dans la création de l'artiste, dépasse l'élément personnel : la problématique de l'identité et celle de l'humanité, qui lui est liée, reste un thème universel. Si les peuples se mêlent de plus en plus, ce n'est pas seulement en raison des migrations dues à la guerre, mais aussi de la globalisation, qui ne cesse de s'amplifier. Témoin l'artiste, qui s'est spécialement rendue à Shanghai pour imprimer les bandes de tissu en rouge.

 

Traduction: Françoise Senger



[1]            Traduction de la définition allemande de Wikipedia, juin 2008.

[2]            Zou Yuejin, „Poussière rouge“ de Luo Mingjun, dans la présente publication, pp. ***

[3]            Entretien de l'artiste avec l'auteure dans l'atelier à Bienne, février 2008.

[4]            Pour la première fois, Luo Mingjun a rédigé à l'occasion de la présente publication un vision rétrospective personnelle sur sa vie jusqu'ici, où des souvenirs sont fixés par des mots, cf. pp. ***

[5]            Entretien de l'artiste avec l'auteure à Shanghai, mai 2008.

[6]            Cf. Bernhard Fibicher, Identité, in: Luo Mingjun, cat. d'exposition 2006, pp. 10-16.

[7]            Luo Mingjun, Ma poussière, dans la présente publication, p.***